Placé en redressement judiciaire depuis le début de l’année, l’ancien géant français du e-commerce français Pixmania n’a pas trouvé de solutions pour sortir la tête de l’eau depuis le lancement d’une procédure de sauvegarde en octobre dernier.

Les employés en colère contre l’actionnaire Mutares

Les 430 salariés de Pixmania, dont 320 travaillent en France, sont en colère contre l’actionnaire majoritaire actuel de Pixmania, à savoir l’entreprise allemande Mutares qui se spécialise dans le redressement des entreprises en difficulté. Depuis la reprise du site de vente en ligne en 2013, le holding d’outre-Rhin n’aurait pas mené les actions nécessaires pour améliorer la situation de ce qui fut l’un des fleurons de la vente par Internet dans l’Hexagone. Les repreneurs ne se pressent pas au portillon, mais parallèlement, Mutares a effectué une offre de rachat du site Grosbill, une branche d’Auchan spécialisée dans la vente en ligne de matériels high-tech.

Retour sur les causes d’une faillite annoncée

C’est en l’an 2000 que les frères Rosemblum créent une entreprise familiale orientée vers le développement de photos puis par la suite vers la vente de matériels high-tech. En 2006, les deux frères cèdent la majorité de Pixmania à l’entreprise anglaise Dixons Retails qui étend la gamme de produits aux appareils électroménagers et électroniques. En 2010, le site réalise jusqu’à un milliard d’euros par an et s’étend alors sur 26 pays. Il entame par la même occasion une diversification plus poussée, allant jusqu’à proposer des articles de jardinage, de textile et de bricolage. À partir de 2012, la concurrence des géants comme Amazon entraîne la chute des ventes, accentuée par la trop grande diversité du catalogue. De plus, l’apparition de sites de plus en plus spécialisés a grappillé des parts de marché. En 2014, Pixmania ne pèse plus que 295 millions d’euros.